égo-tourisme (suite)
28/02/2008 22:28
l'égo du
touriste enfle dans la désinvolture de sa relation au
monde. il s'attribut des qualités divines de farce et
considère l'ailleurs comme la scène d'une fable dont
il détient le premier rôle.
tout commence dans l'imaginaire du sédentaire, de celui qui ne connaît pas l'ailleurs, aussi proche soit-il. le village d'à côté, la vallée voisine, la contrée prochaine sont peuplés d'étrangers. même si le sédentaire n'a rien contre les étrangers – âgecanonix dirait d'ailleurs que beaucoup de ses amis sont des étrangers, mais qu'il y a des étrangers qui ne sont pas de chez lui – il craint, naturellement, l'autre, sans bien prendre conscience qu'il est lui même l'autre de l'autre.
l'image qu'il a de l'autre et de l'ailleurs, se composent d'exagérations et de réductions. exagérations des traits qui ne lui sont pas communs et qu'il appréhende, réductions des traits qu'il partage et qu'il ne connaît que trop bien. l'autre est donc nié dans sa nature et sa culture pour n'être considéré que comme le figurant de l'ailleurs, qui, de manière identique, est composé d'exagérations et de réductions.
à l'opposé de l'écotourisme, l'égotourisme n'a de valeur que dans l'auto-célébration inavouée du moi surestimé. l’égotouriste s’estime plus haut, plus grand, plus fort que l’autre chez qui il veut voyager comme dans une carte postale. l’ailleurs n'a d'autre réalité que celle des propectus du voyagiste qui, on peut le supposer, n'a souvent jamais visité la contrée tant vantée étoilée de vues imprenables.
tout à la gloire du moi révélé par la photographie, le touriste passe sa tête dans le trou prévu à cet effet dans le décor de carton plat qui lui prête ainsi le corps contextualisé d'un autochtone en action, qu'il soit un barbare colonisé ou une souris à grandes oreilles colonisatrice. dans un autre genre, par cet art moyen, le touriste est situé inmanquablement au centre de la photo-souvenir en adéquation avec la place qu'il prend dans la société qu'il visite, théâtre de son humanité.
dans les voyages du phénix, je donne à celui-ci une place telle que n'importe quel égotouriste en serait pâle de jalousie.
tout commence dans l'imaginaire du sédentaire, de celui qui ne connaît pas l'ailleurs, aussi proche soit-il. le village d'à côté, la vallée voisine, la contrée prochaine sont peuplés d'étrangers. même si le sédentaire n'a rien contre les étrangers – âgecanonix dirait d'ailleurs que beaucoup de ses amis sont des étrangers, mais qu'il y a des étrangers qui ne sont pas de chez lui – il craint, naturellement, l'autre, sans bien prendre conscience qu'il est lui même l'autre de l'autre.
l'image qu'il a de l'autre et de l'ailleurs, se composent d'exagérations et de réductions. exagérations des traits qui ne lui sont pas communs et qu'il appréhende, réductions des traits qu'il partage et qu'il ne connaît que trop bien. l'autre est donc nié dans sa nature et sa culture pour n'être considéré que comme le figurant de l'ailleurs, qui, de manière identique, est composé d'exagérations et de réductions.
à l'opposé de l'écotourisme, l'égotourisme n'a de valeur que dans l'auto-célébration inavouée du moi surestimé. l’égotouriste s’estime plus haut, plus grand, plus fort que l’autre chez qui il veut voyager comme dans une carte postale. l’ailleurs n'a d'autre réalité que celle des propectus du voyagiste qui, on peut le supposer, n'a souvent jamais visité la contrée tant vantée étoilée de vues imprenables.
tout à la gloire du moi révélé par la photographie, le touriste passe sa tête dans le trou prévu à cet effet dans le décor de carton plat qui lui prête ainsi le corps contextualisé d'un autochtone en action, qu'il soit un barbare colonisé ou une souris à grandes oreilles colonisatrice. dans un autre genre, par cet art moyen, le touriste est situé inmanquablement au centre de la photo-souvenir en adéquation avec la place qu'il prend dans la société qu'il visite, théâtre de son humanité.
dans les voyages du phénix, je donne à celui-ci une place telle que n'importe quel égotouriste en serait pâle de jalousie.