la houle

fils, aimeras-tu la houle ?
celle qui berce et qui fascine.
celle qui hausse nos cœurs et les chavire.
celle qui croise et recroise ses sœurs ennemies.
celle qui engloutit les espérants lointains.
celle qui déroule tant d’âmes naïves.
celle qui étrille nos êtres épars.
fils, aimera-tu la houle ?
celle qui charrie nos corps encore en vie.

lumière !

il n'y a qu'un soleil: celui qui se lève et qui se montre. alors là, oui, pour un instant, je le regarde, je l'observe, il est à mon horizon, il est mon égal, nous sommes amis. et puis l'angle se forme.
il m'assomme. j'esquive. lui tourne le dos.
alors, il m'offre le monde, me le révèle.
avant qu'il ne m'abandonne, honteux, et me laisse l'illusion de briller à mon tour.
jusqu'à notre prochain rendez-vous.

froid

il fait froid, tant mieux s'il fait froid.
j'ai besoin de ce froid qui engourdi.
ce froid qui rend sourd aussi.
celui qui tait les imprécations de l'âme.
celui qui ne décoche aucune larme.
et qui gèle les peurs qui sont en moi.

l'heur des jours

la douleur de ne rien dire, d'être si proche et de ne pas mentir
savoir ces sentiments communs, regretter déjà ces lendemains
la peur passée d'un présent lointain, se savoir suif sans en souffrir
vivre au mieux sa mélancolie, avoir le bonheur d'être en vie
et puis attendre d'en finir, avec le coeur encore en main.